Je t'avais rencontrée

Je t'avais rencontrée
Je t'avais rencontrée au bord du Lac du tendre,
Où tes larmes d’un soir arrêtèrent le chant
D’un cygne solitaire et de ses blancs méandres.
C’est là que je t’ai vue, ma naufragée du vent.
C’est là que je t’ai plu ma naufragée du temps,
Au sombre de mes mots arrachés d’un cahier ;
Ton regard effleurant la surface mouillée
Se posa sur ma page échouée sur un banc.
C'est au bord de ce lac que les cils des roseaux
Battront, voilant les coeurs intimement promis,
Quand notre premier soir enchantera la nuit
Et que les cygnes blancs s'enfuiront en cerceaux.
Sur les plumes en lit se berçant à l'ondine
Nous chanterons l'amour jusques au petit jour,
Et mettrons sur nos peaux ces mots devenus lourds
Du désir d'enfanter notre illusion divine.
L'automne sonnera l'heure douce et complice
De la feuille posée par un vent de désir
Sur le sol retrouvé de l'Itaque d'Ulysse ;
Elle s'envolera sur l'aile du plaisir.
Quand elle touchera la chaleur du soleil
Les sens brûlants d'amour et la peau de mains douces
Elle aura l'automnal et ses richesses rousses
Les souvenirs sucrés de ces duos de miel.
Que sera ce futur aux couleurs de couchant ?
Le pleur rouge de l'astre à la terre rendue,
Le chant du cygne neige à l'image perdue,
Ou le cri du plaisir sous les doigts des amants ?
Au bord du Lac de Tendre où je venais m'étendre,
Quand le vent chuchotait l'amour à s'y méprendre
Tu m'avais rencontré dans un rêve d'été,
Je t'avais rencontrée avant que de t'aimer.
Plumes_soeurs
Publicité