J'ai envie ...

J'ai envie ...
Je comprends tard, ce soir, que l'on n'a qu'une vie ;
J'ai envie...
Des émaux de tes yeux, du bijou de ta bouche ;
De tes mots malicieux, de tes lèvres farouches.
J'ai envie que tu touches
Du velours de tes doigts,
Du désir de tes ongles,
Tout ce qui était moi et qui devient ta proie.
J'ai envie que tu jongles,
Cette balle, c'est mon coeur
Qui trace une orbe longue
Du silence au bonheur.
J'ai envie dans tes bras de m'endormir enfin,
Qu'on s'occupe de moi, que j'aie plus jamais faim
Et que je vois la fin
De ces jours de douleur aux couleurs du non-être.
J'ai envie de connaître
La chaleur qui consume le sein de tes entrailles,
J'ai envie que déraille
Le train des solitudes en gare des amours mortes
Ce train des habitudes
Qui dans la nuit m'emporte.
J'ai envie de brûler au bûcher de ton corps
Et j'ai envie encor
De voir tes joues rosir
Pour cueillir sur ta peau des larmes de désir.
Aux vitres de la nuit, si profondes et obscures
Sur les baies de l'ennui dont le front lisse rassure ,
Se colle ma tendresse, comme une peau qu'on jette,
Comme une blanche mouette égarée sur la terre
Et qui pleure aux nuages son désespoir de mer.
T.
03/2003
J'ai envie
Quand le silence glisse le long des volets clos,
Que mes doigts crient l’absence et caressent le vide,
Que les heures sanglotent, sur mes joues, livides,
Que ma bouche vous cherche et n’étreint que sanglots,
Je pose vos serments au chevet de mes soirs,
Je réchauffe mes draps à vos brûlants désirs,
Donne à mon insomnie des torrents de plaisirs
A l’onde parfumée de baisers et d’espoirs.
J’ai envie d’un éveil à l'aube de vos yeux,
D'accueillir sur mes lèvres le dernier soupir
D'une larme de rêve qui ne veut pas mourir,
De connaître l’ivresse dans vos bras amoureux,
De souffler de l’amour sur les cendres de suie,
De voir jaillir le feu aux étincelles bleues,
Et les cieux incendiés perdre leur teint brumeux,
D’embraser vos matins aux rêves de vos nuits.
Je pose mes serments au chevet de vos soirs,
Dénudez les secrets de l’intime divin
Où perle la rosée d’un précieux destin
Qui rêve dans l’écrin de baisers et d’espoirs.
Est-il plus doux aveu, en offrande à la Rose,
Qu'un tendre effleurement sur sa peau jeune éclose,
Que votre main velours sur mon corps en émoi,
Quand le jour donne à l'âme la douceur de la soie ?
M.
06/2004
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