Son pas sur mon rivage

Son pas sur mon rivage
La nuit s'est arrêtée au geste de la Lune
Je pense encore à toi à langueur de nuage ;
Le jour est suspendu au geste d'une brune
Qui dépense le temps, son pas sur mon rivage
Faut-il rêver toujours au soir tombant venu
D'une étoile filante à la lumière tendre
Qui croise un souvenir dans la suie et la cendre
D'un ciel pleurant l'ennui, d'un ciel noir devenu ?
Le coeur à la fenêtre ouverte du regard,
On peint la nuit en jour au dam du temps qui passe ;
Ponctuation d'étoiles, veille de Lune basse,
L'obscur a ses trésors, dont la nuit fait la part.
Silhouette de l'âme en transe noctambule
Qui danse sur le fil du désir amoureux
En quête du plaisir brûlant le ténébreux
Fragile comme l'être avançant funambule.
A ta porte l'autan pousse le battant
Le vent marin m'apporte une larme de belle,
Le mistral reconnaît les cheveux noirs de celle
Qui m'attend sur la rive où soufflent quatre vents.
Entends le grincement qui soupire sa plainte,
Serait-ce un grain de sel prisonnier de ses pleurs
Ou la rouille du temps, qui se souvient des heurts
Du chant de ses sanglots, te jouant sa complainte ?
Allongée sur la nuit, tu m'es douce Sélène,
Un mystère qui luit aux abîmes d'espoir,
Et je lis tes ardeurs aux allées de mes soirs,
Lorsque le temps s'étire et que grandit ma peine.
Le cauchemar s'essuie sur le fil de l'aurore,
Les brumes de la nuit s'oublient aux coins des yeux
Je sais que j'ai rêvé, je sais que je te veux,
Je veux mon rêve à peau et que l'aube le dore.
Plumes-soeurs
Avril 2008
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