Les ailes de légende
![]() Les ailes de légende Si tu étais l’oiseau aux ailes de légende Je serais le grand Sud où te porte le vent Et je caresserais ton corps nu sur la lande Jusqu’à ce qu’il rende le râle des amants. Je construirais un nid en plumes de tendresse, La maison du bonheur nichée au creux des coeurs Où couleraient des jours sans ombres ni tristesse, Lumineux par l’amour et oublieux des pleurs. Quand l’hiver neigerait ses flocons en étoiles, Tu brûlerais ta joue à l’âtre de mon sein Et tu saurais le feu qui couve dans mes reins, Qui changerait l’hiver en un été sans voile. * Sur le satin du nid nos corps chauds en délire Sont touches de couleur au pinceau de la nuit Des éclats de soleil pour effacer la suie, Symphonie de nos peaux qui parlent sans mot dire. C’est au printemps venu, sous la verte ramure, Que l’on s’embrassera, dans la rosée des corps, Abandonnant l’hiver au triste de son sort. Nous revivrons alors au milieu des murmures. La douceur du matin, en ors et étincelles, S’évapore en tissant de doux nuages bleus ; Les derniers filaments traînent aux balancelles De l’aube qui miroite aux yeux des amoureux. * Sous la chaleur du ciel, nous déploierions nos ailes Pour cacher aux curieux l’émotion d’un baiser Nous nous envolerions vers l’été embrasé, En un tendre refrain à la note éternelle Si j’étais un oiseau aux ailes de légende, Si tu étais le Sud où me porte le vent, Je fermerais ce livre où le rêve est charmant Et je te rejoindrais au pays de la lande. Plumes-soeurs *** |
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