Passe passe l'hiver
Les strophes en italiques sont de Moun
Musique du poème
Passe passe l'hiver
Ainsi meurt le printemps
Découvrir le printemps dans le pli de tes yeux,
Les hivers effacés par un rayon d'amour
Revenu du pays au point de non-retour
Avec pour seule envie, l'envie d'être amoureux.
Dans un ciel déchiré de lambeaux de nuages,
Meurent les rayons du premier jour de nuit.
Le soleil éploré, de ses doigts gourds essuie,
Les larmes d’un printemps illusoire et volage.
Tes cheveux ont blanchi sous la neige et la glace,
Le jardinier du temps a creusé des sillons
Sur tes joues démunies de tendres affections
Mais sur ton âme en soie n'a laissé nulle trace.
Mes cheveux ont blanchi sous le vœu de l’attente,
Jardinier de ton cœur, je me suis statufié,
Naufragé de ton âme, le temps m’a épuisé,
Il ne reste d’amie, que la mort qui me tente.
Ne retiens pas ma main qui veut troubler ta peau ;
Il n'est plus belle mort que celle de nos pores
Aux accords de nos corps scellés au même sort
Aimer à l'euphorie et mourir à nouveau.
Accoste sur son corps, puisqu’il est ton rivage ;
Baigne–toi dans les flots de ses yeux océan ;
Je bénis votre union baptisée par le temps :
Meurs entre ses bras, foudroyée par l’orage.
Découvrir une étoile endormie sur ta couche
Qui, à peine effleurée par un soleil jaloux,
Abandonne à regrets le privilège doux
De connaître le goût des baisers de ta bouche.
Regarder cette étoile qui sur son lit se couche,
Se donne à son soleil qui renaît de sa bouche,
Le crie à l’univers, pour que jamais l’amour
Ne retrouve le goût innocent des toujours...
Ne lâche plus ma main ! Que vivent nos matins,
Un sourire à tes yeux aux reflets de douceur
Et mon coeur affolé en oublie la froideur
De ces hivers passés au lit d'un ciel sans teint.
Ne lâche plus sa main, qu’une ombre t’abandonne,
Prends soin de ce bijou que j’ai trouvé un soir
Une nuit de novembre, qui pleurait dans le noir.
Soigne tendrement ce cœur que je te donne.
Moun et Théo
Mai 2005
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