Souffle cathare

Souffle cathare
Alexandrins
Sur la colline haute, où l’herbe cuit son brin,
Un faible grincement brise le monotone
Du silence écrasant l’estive qui s’étonne
Au mouvement divin des ailes du moulin.
Au pays Roussillon, on le connaît fripon,
Ce vent que l’on espère, à l’heure vacancière,
Mouillé aux flots marins de vapeur buissonnière,
Mêlant sueur fraîche à l’écume en fusion.
Est-il frisson plus beau qu’un frisson sur la peau
Où paresse l’été au blond lourd de lumière
Cherchant le souffle et l’ombre auprès de la rivière
Pour rafraîchir l’émoi de la brûlure à l’eau ?
On le connaît aussi rebelle échevelé
Arrachant la tristesse à la terre en souffrance,
Incendiée au bûcher par des mains en démence,
Et l’haleine féroce, en recrache l’effet.
Caressant ou violent, fidèle compagnon,
Il parcourt les chemins de son souffle cathare,
Aux châteaux et moulins des légendes s’empare
Qu’il conte avec passion de saison en saison.
© MB/Plume Rose
28 mai 2007
1er prix poésie classique
de la communauté des Communes du Lauragais
- Lire en fête 2007 -