Marie-Madeleine

Publié le par Plumes-Soeurs





Marie- Madeleine


Tendre pécheresse au Sauveur attaché,
Myriam de Magdala qui pleure au Golgotha, (*)
Toi dont la caresse à ton Maître épuisé
Révèle le Visage de l’Amour qu’on abat (*) ;

Ô femme, première élue, pierre d’angle posée
Sur la terre endormie des cités d’Israël,
Qui n’a jamais trahi, même à l’aube levée (*),
Qui L’a toujours aimé et L’a rejoint au ciel ; (*)

Tu versais sur Son front un doux parfum d’amour,
Caressais ses pieds nus de tes cheveux de brume ; (*)
Il t’avait baptisée, renversant la coutume,
Et faisant de la Femme la lumière du jour.(*)

Première auprès de Lui, première à Son tombeau,
Première à Son réveil au seuil d’un jour nouveau, (*)
Tu aurais dû, femme, rendre à l’homme son rêve,
Redonner à la femme la place volée à Eve … (*)

Ils ne l’ont pas voulu, la femme est dangereuse,
Elle l’emporte sur l’homme aux accents belliqueux, (*)
Il suffit pour y croire de mourir dans ses yeux …
C’est ainsi qu’ils t’ont faite Putain du Bon Dieu ! (*)

O Marie-Madeleine, je suis de ton église,
Je ne crois pas que l’homme se suffise à lui-même.
Ainsi qu’un grand voilier que pousse avant la brise,
L’homme n’avancera que ta main dans la sienne.


Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, ce poème est féministe … entre autres …


Plume Bleue
Novembre 2004

 

Notes :

(1) : Golgotha ou « le crâne » : le rocher en forme de crâne sur lequel Jésus a été crucifié.
(2) C’est MarieMadeleine qui, pendant l’ascension du Golgotha, aurait pressé sur le visage du Christ exténué un linge humide … qui aurait conservé l’empreinte de son visage.
(3) Allusion à la trahison de Pierre, à l’aube du jour de l’arrestation de Jésus, au chant du coq … Seule Marie-Madeleine, le treizième apôtre des tableaux de Leonard de Vinci, est demeurée fidèle …
(4) Les hagiographes et certains évangiles « apocryphes » disent qu’elle s’est retirée à Ephèse, après l’Ascension de Jésus, ou encore en Gaule, près de Marseille … Avec le Saint Graal … Mais ceci est une autre histoire !
(5) Voir entre autres LUC, 7-37 et suiv. : « Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum. Et se plaçant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à arroser les pieds de ses larmes; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum. »
(6) Baptisée par le Christ avant les apôtres « officiels », elle était en fait le PREMIER des apôtres … Elle aurait dû prendre la place de Pierre … Et fonder l’Eglise ! Si l'on en croit les évangiles dit "apocryphes".
(7) Marie- Madeleine est la première qui découvre le tombeau vide au jour supposé de la résurrection du Christ … Elle est toujours la première, toujours avant Pierre … Et oui !
(8 ) Notre mère Eve par qui arrive le « pêché originel », ce qui justifie l’aversion (inadmissible) de l’Eglise officielle pour les femmes … Jésus renversait la coutume en faisant d’une femme son héritier spirituel … La femme serait donc plus qu’une côte empruntée à l’homme (la Genèse) ? Peut-être !!
(9) Il est évident que les apôtres mâles (Pierre en particulier …) n’étaient pas d’accord … Et c’est ainsi qu’un homme –et non une femme, hélas ! –fonda l’église chrétienne … Et la femme s’est vue « accorder », contrairement à ce que semble avoir souhaité Jésus, un statut à la fois inférieur et démoniaque … A l’image de Eve, dans une tradition simpliste, elle est la « tentatrice » … La chasse aux sorcières (notez qu’il n’y a jamais eu de chasse aux «SORCIERS », c’est significatif) … Pouvait commencer.
(10) Marie- Madeleine la « pécheresse » sera qualifiée officiellement de prostituée par les évangiles « canoniques » sélectionnés, parmi beaucoup d’autres, au … 4e siècle seulement, lors du Congrès de Nicée.

Et c’est ainsi qu’on (ré)écrit l’histoire …

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