Vous et toi

Vous et toi
« Toujours », demandais-tu, « jamais », répondiez-vous
Ainsi volent les cendres et revivent les hommes
Heureux d’un seul baiser, mais malheureux comme
Pierres sur un chemin qui va on ne sait où.
« Encore » exigeais-tu, « assez », me disiez-vous,
Quand vous redeveniez l’épouse de toujours,
Quittant le doux habit que je faisais pour vous
De ma peau sur ta peau qui inventait l’amour.
« Je t’aime » criais-tu, « je te hais » crachiez-vous
En rejetant au loin le paradis perdu,
Et Cerbère accourait des portes de son trou
Pour te reprendre à moi de ses pattes griffues.
« Je te veux » m’as-tu dit, « mes cheveux sur tes reins »,
Mais le temps a passé et vous ne voulez plus,
Vos cheveux ont blanchi, et blanchissent les miens …
… Un parfum d’infini qui ne me quitte plus,
Ce qui reste de toi, ce qui reste de vous.
Plume bleue