Le silence

Le silence
Il incite mon cœur au plaisir de connaître
Son langage secret inaudible à tout être,
Quand le jour et le bruit le privent de son droit
D’envelopper l’instant d’un légitime moi.
Il est ce confident qui permet le voyage
De l’âme sans armure à l’intérieur de l’âge,
Amarres et tabous oubliés sur le bord
Du masque de la vie où s'agrippe la mort.
Je le sais m’apporter ce que l’aube me vole,
Ce que je suis vraiment, sans cuirasse qui colle
A mon nu intégral : fragile, à fleur de peau,
A fleur d’être et de maux, une femme au berceau.
Et quand cesse le cri de la foule ordinaire,
J’accueille dans la joie cet impalpable, austère
Redouté par certains, submergés par l’ennui,
Comme unique ennemi sur le champ de leur nuit.
Il me couvre d’amour, de rêves en dentelle,
Tel un châle posé sur un corps qui appelle,
Voile l’intimité pour mieux la découvrir
Et confie le fantasme aux ailes du désir.
© Plume rose
22 avril 2007
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